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Rambo IV (3400 mots)

Publié le par Kevin

Rambo IV (3400 mots)
RAMBO IV : Colorant et conservateur

 


    Quelle n’est pas la jubilation du spectateur quand à la 71e minute de Rambo IV, notre héro apparaît derrière un soldat birman alors que celui-ci s’apprête à assister à l’exécution de pauvres mercenaires ainsi que de pauvres bénévoles catholiques Américains (que les mercenaires étaient venus sauver) et de pauvres civils Karen (que les bénévoles étaient venus aider). Ça fait une heure dix qu’on suit les déboires de tout ce beau monde que l’armée birmane s’entête à massacrer. La seule solution qu’il reste pour résoudre toutes ces intrigues qui s’enlisent, c’est un bon gros coup de torchon. On le sait et on l’attend. Ça n’est d’ailleurs absolument pas le moment, en cette 71e minute de film, d’aller se faire un sandwich à la cuisine sinon, en revenant, on se retrouvera devant le générique de fin. Ben oui, Rambo quand il tue du soldat birman, il fait ça en quantité industrielle et à toute vitesse, comme un ouvrier à l’usine. C’est une bonne grosse machine à tuer, alors forcément quand il s‘y met, la fin du film est proche. En témoigne donc cette scène finale durant laquelle il empêche l’exécution des personnes décrites plus haut en massacrant, à lui seul, environ 70 soldats birmans. Si l’on ajoute à ce nombre celui de ses copains, on compte environ 105 soldats birmans tués en 5 minutes de film et cela à grand renfort d’effets gores : énormes giclures de sang, énormes impacts sanglants, coups de poignard, membres arrachés, décapitations, têtes qui explosent, corps qui explosent, corps démembrés totalement et enfin, pour le commandant birman, une éventration trafiquée numériquement pour en ajouter dans le morbide. Le spectateur indigné s’exclamera : « C’est scandaleux de traiter ainsi des figurants innocents ! ». Le spectateur qui adhère aux idées avancées par le film s’extasiera face à cette exorcisation du mal.
    En effet, Rambo IV ne nous inflige pas ce massacre titanesque sans avoir au préalable donné au public une base théorique pour l’aborder. Dès la première discussion (à 8 min), entre Michael Burnett, le leader des bénévoles, et John Rambo, une problématique se met en place sur le recours à la violence et à l’homicide à des fins plus élevées. Le bénévole catholique, farouchement pacifique et arrogant, n’entend rien au discours du vieux soldat qui estime que des armes sont impératives pour leur périple en un territoire ravagé par la guerre. S’ensuivent deux discussions entre John Rambo et Sarah Miller, un membre du groupe de bénévoles, durant lesquelles seront abordés des thèmes comme la valeur d’une vie humaine et la possibilité d’avoir un impact sur le déroulement général des évènements de la vie des hommes. Rambo restera pessimiste, fermé et résigné ; seules, la pureté et la sensibilité de Sarah parviendront à le convaincre de les aider même si, du film, il n’abandonnera pas son leitmotiv (21 min) : « Ce que vous faîtes ne changera rien ». Les questions que soulèvent ces premières conversations trouveront des réponses tout au long de l’aventure et le film tranchera entre les différents points de vue. Le chemin idéologique et émotionnel, parcouru par le spectateur, l’aura ainsi préparé à la boucherie finale décrite plus haut qui lui semblera (si l’argumentation du film a fonctionné) soit triste mais forcée, soit jubilatoire. 
     Cet essai met en avant que, bien que Rambo IV se présente comme le simple constat d’une triste vérité inaltérable, il est en fait extrêmement ancré dans une idéologie politique qui le façonne en grande partie.

     On trouve, dans Rambo IV, énormément d’éléments qui ont trait à l’idéologie conservatrice.

Le conservatisme est une idéologie politique qui se veut accessible à tous (intellectuellement parlant). Même si elle repose sur des théories ou des croyances concernant l’homme et la société, celles-ci ne sont généralement pas considérées comme telles par ses adeptes. Les conservateurs parlent plus généralement en termes de sens commun, d’évidence et d’expérience. Plus une idée est compliquée ou abstraite, plus elle a de chance d‘être rejetée arbitrairement par un conservateur. Un détail de la scène où Rambo transporte les bénévoles catholiques sur son bateau peut être relié à cela (14 min 53 s). Michael Burnett s’étend dans un monologue durant lequel il fait des hypothèses quant à l’issue du combat entre les Karens et l’armée birmane. Personne ne participe et Sarah, qui a pourtant déjà prouvé que son implication dans leur mission était importante, finit par se lever pour parler à Rambo. Michael est à juste titre blessé de voir que son discours n‘intéresse pas la jeune femme, il s’oppose comme il peut à son comportement mais se fait remettre en place bien vite. Faut pas l’énerver la Sarah, surtout si c’est pour tergiverser sur des thèmes compliqués et faire des hypothèses. Au moins avec Rambo, on peut avoir une vraie conversation (à 15 min 34 s). Quand on lui demande son nom il dit : « John » ; quand on lui demande d’où il vient, il répond : « de New Way en Arizona » et enfin quand on lui demande s’il est en Birmanie parce qu’il n’est jamais rentré en Amérique depuis son envoi au Vietnam, il repense aux trois précédents épisodes et répond après un instant de réflexion : « C’est compliqué. » Quand c’est trop compliqué, John, il le dit. Il sait que ça va calmer son auditeur directement.
     Dans ce passage, l’envie de Michael de comprendre le monde ou d’agir sur lui, semble naître de son arrogance. On trouve ici la méfiance, voire le mépris envers les élites intellectuelles (Même si Michael Burnett n’est pas vraiment un intellectuel) souvent présent dans le discours conservateur qui s‘intéresse beaucoup plus aux gens « simples » (dont Rambo-je-chasse-je-pêche-je-forge fait partie). Peu de crédit est accordé aux hypothèses et théories qui s’éloignent d’un savoir bâti sur l’expérience. Le film donnera raison à un Rambo quasi muet dont le savoir ne vient que de son vécu. Le mutisme du héro ne traduit en aucun cas la bêtise ou l’absence de réflexion, il semble plutôt traduire une sagesse acquise au fil du temps et un équilibre intérieur que lui apporte cette sagesse. L’éloquence de Michael Burnett et du plus bavard des mercenaires n’est que le symptôme d’un conflit intérieur.
     De son côté, le film n’est ni compliqué ni bavard et il est également loin d’asséner des théories abstraites à son public. Au contraire, le scénario s’entête à faire évoluer l’intrigue/argumentation d’une manière « implacablement logique » et simple vers une opinion qui se veut un constat : « la solution d’un conflit armé est d’éradiquer le camp des méchants. »
La méthode du film pour nous faire adhérer à cette idée est assez simple. Le drame (le génocide birman par le dictateur au pouvoir) n’est abordé que sous un seul aspect extrêmement traumatisant qui met le spectateur dans le besoin d’une résolution totale apaisante qui ne pourra être que simple à cause du peu d‘éléments développés par le film. L’ultra-violence des scènes de massacre se veut un gage incontestable de réalisme, or l’approche du film par rapport à sa représentation du génocide est assez simpliste. Que cela soit du côté des victimes comme du côté de l’oppresseur (et surtout du côté de l’oppresseur) quasiment aucun élément d’histoire, de politique ou de psychologie n’est donné comme si cette situation naissait de nulle-part. Les civils Karen ne sont que des victimes innocentes, les soldats birmans que des tueurs insensibles. Ça n’est pas qu’un carnage aussi absurde et horrible ne puisse pas exister mais simplement qu’il sera toujours plus complexe que la manière dont il est représenté dans le film.
     Un élément intéressant est donné sur les soldats de l’armée birmane. Il est stipulé deux fois dans le film (1 min 23, 11 min 27) que les garçons des civils Karen sont souvent forcés, enfants, à rejoindre les rangs de l’armée qui massacre leurs semblables. Les soldats, avec lesquels Rambo fait une ratatouille à la fin du film, sont donc en partie les enfants du peuple opprimé dont on attend qu’il prenne la défense. Qu’aurait-on appris si le film s’était penché plus sur eux ? Qu’ils ne savent pas lire ? Qu’ils n’aiment pas leur vie ? Qu’ils aspirent à autre chose ? Qu’ils sont complètement abrutis par la tristesse de leur existence ? Qu’ils rêvent d’une famille ? Qu’ils se détestent ? Qu’ils voudraient un animal de compagnie ? Qu’ils aiment jouer à la pétanque ? Évidemment le film ne s’attarde par sur ce genre de détails qui risquerait de les humaniser et gênerait leur élimination finale. Au contraire, il s’attache à les déshumaniser et à résumer le problème général à des actes humains afin que la connexion [élimination des méchants]/ [disparition du problème] se fasse dans le cerveau du spectateur.
Si cette approche peut être reliée au goût du conservatisme pour les choses simples, elle est également à mettre en parallèle avec la vision très pessimiste que les conservateurs ont du genre humain. Dans l’idéologie conservatrice, l’être humain est irrémédiablement imparfait. Il est naturellement égoïste, faible, dépendant et limité. Il a besoin d’un milieu stable et contrôlable pour s‘épanouir.
     On peut d’ailleurs noter l’influence de cette croyance dans la représentation de l’attaque du village (27 min 50). Est-il crédible alors que le film annonce que la guerre civile birmane dure depuis 60 ans, que les paysans n’aient prévu aucun moyen de surveiller les alentours du village pour se prévenir d’une attaque surprise ? Aucune cachette, aucun moyen de riposte. Leur rôle ne se limite qu’à courir et à mourir quand ils sont attaqués. Pas un instant le film ne leur donne la parole.
     La vision pessimiste de l’être humain l’est donc du point de vue de ses capacités mais aussi - et c’est cette partie qui concerne les soldats birmans - du point de vue de sa bonté naturelle et de sa capacité à évoluer. C’est-à-dire que le rôle de son histoire est peu pris en compte dans la compréhension de ses comportements et que sa personnalité est perçue comme plutôt rigide et laissant peu de place à l’évolution.
     Cette spécificité ouvre la porte au carnage final. Si les êtres humains sont considérés comme point de départ unique de leurs actes en même temps qu’incapables d’évolution, la seule manière d’arrêter un être humain qui commet des actes immoraux ou criminels est de l’éliminer. Automatiquement la perception des acteurs du conflit se fait au travers d’un filtre qui sépare ceux qui menacent la vie en société et qui doivent être éliminés et ceux qui sont intégrés ou intégrables.
     Un exemple en est donné lorsque Rambo fait le voyage en bateau avec les mercenaires (à 40 min 03). « School boy » lui dira en parlant d’un autre mercenaire qui se montre gratuitement agressif envers Rambo : « Il n’est pas méchant ». Le mercenaire dont il est question poussera ses collègues à abandonner Rambo dans une fâcheuse situation (à 59 min 20). Pourtant, le film lui offrira l’occasion de montrer son courage et d’expier ses fautes, bref, de prouver son appartenance au groupe des « gentils » puisqu’« il n’est pas méchant. » Une chance lui est donnée d’évoluer.
     Tout comme à Michael Burnett qui, même s’il est prêt à dénoncer Rambo pour le meurtre des pirates (à 20 min 19), finira par reconnaître la pertinence des actes de notre héro et par, lui aussi, tuer parce qu’il ne voit pas d‘autre solution. (1 h 19 min, 1 h 14 min). A l’inverse Rambo achèvera, de deux balles dans la tête, un pirate « non-solvable » ainsi que le commandant de l’armée birmane. Ces deux mises à mort sont directement liées à la déclaration de Rambo (à 13 min 25) :
(Sarah) : - Nous pensons que toutes les vies sont spéciales.
(Rambo) : - Certaines le sont, d’autres pas. »
Rambo sépare les humains en deux catégories. Il ne donne pas la même valeur à tous les êtres humains et s’en remet à ses critères pour discerner ceux qui méritent de vivre et ceux qui ne le mérite pas. Car c’est bien de ça qu’on parle. Les « vies spéciales » de Rambo ne sont pas celles des personnes qui seront dignes d’être invitées à son barbecue samedi prochain avec des brochettes de serpents attrapés à la main et du poisson grillé pêché à l’arc ; les « vies spéciales » ce sont les vies des gens qui méritent de vivre. Les autres, ce sont les vies dispensables.
     Ici, on voit bien que le discours pourrait devenir compliqué (ce qui ne serait pas très conservateur de la part du film) parce qu’il est difficile de décider de la valeur d’une existence humaine, mais là interviennent d’autres éléments du conservatisme, justement, qui permettent de rester dans la simplicité.
     Si notre John Rambo adoré est si sûr de lui quand il déchiquette du méchant en faisant des grimaces, c’est parce que c’est un être supérieur. Il a cette capacité toute particulière que peu de gens ont, celle de savoir exactement à quel moment le sang doit couler. En effet, le conservatisme croit en une société naturellement hiérarchique où chaque individu tient un rôle précis déterminé à partir de ses capacités et talents. Chacun doit faire ce qu’il doit faire et, évidemment, plus un individu est talentueux plus il occupe un poste important.
     C’est le cas de Rambo qui possède, bien malgré lui, un certain nombre de qualités qui font de lui un parfait leader en plus d’un parfait soldat. Parmi elles, cette capacité à déterminer l’exact moment où la violence doit remplacer les mots comme, lorsqu’à bout d’arguments pour dissuader les pirates d’enlever Sarah, il règle le problème au pistolet (à 20 min 14 s) ou comme lorsqu’il décime les soldats qui s’apprêtaient à exécuter des civils Koren en les poussant à marcher sur des mines (à 48 min 05 s), alors que les mercenaires, témoins de la scène, n’osaient pas intervenir ou enfin, comme lors de la scène finale (à 1 h 11 min 34 s) où il s’attaque à plus d’une centaine de soldats pour sauver les « gentils » in extremis.
     Par son comportement, Rambo se démarque de ses compagnons et s’attire un respect certain. C‘est un leader dans le sang, d‘ailleurs il est introduit comme tel ; on le voit attraper un serpent à la main quand ses compères s’effraient (à 4 min 30 s) puis, lorsqu’ils rentrent au bateau, il marche en tête son bâton à la main alors que les deux autres hommes portent les sacs qui contiennent les serpents.
     Plus tard, (à 51 min 40 s) c’est lui qui donnera des instructions aux mercenaires lors de l’attaque furtive du village, sans que jamais la question du commandement ne soit abordée. Aussi, c’est lui qui convaincra les mercenaires de sauver les bénévoles (à 49 min). Si le chef de ceux-ci ainsi que le mercenaire teigneux le méprisent au début du film, il gagnera leur respect et leur estime. Cette évolution est une illustration de l’importance du rôle que l’idéologie conservatrice donne aux leaders. Il offre un exemple à suivre, une aspiration qui va ennoblir automatiquement les personnes qui sont à son contact.
     Il est d’ailleurs assez drôle de voir que derrière toute la sobriété, l’humilité et la simplicité du film et du personnage principal se cache une certaine condescendance. Rambo IV ne raconte pas l’histoire de bénévoles qui vont aider les Karen et qui font l’expérience de leur impuissance, ni celle de mercenaires qui doivent sauver des bénévoles prisonniers, se découvrent des héros et s’impliquent beaucoup plus dans le combat qu’ils l’auraient imaginé possible. Non. Rambo IV, c’est l’histoire de bénévoles et de mercenaires arrogants, obtus et surtout dans l’erreur qui vont venir fatiguer Rambo avec leur vision du monde naïve et qui ne l’écouteront pas alors qu’il sait mieux qu’eux comment les choses se passent.
Quand à la fin du film, la belle Sarah, qui était venue pour sauver des vies, pleure devant le mont de viande que Rambo a hachée pour sauver ses camarades, que Michael le pacifiste entêté éclate la tête d’un soldat à l’aide d’une pierre et qu’enfin le mercenaire j’ai-besoin-de-personne se fait sauver la vie pour la deuxième fois, on se demande si John, qui les surplombe du haut de sa colline, ne va pas leur crier: « Je vous l’avais dit ! Mais pff ! Vous avez voulu en faire qu’à votre tête ! Et ben voilà le résultat ! Il a fallut que Rambo vienne vous sauver et qu’il étripe tout le monde.»
     Cette approche s’accorde avec un certain paternalisme souvent présent dans le conservatisme, dû en grande partie à sa valeur de prédilection : la tradition. En effet le conservatisme se méfie du changement, son pessimisme vis-à-vis de l’être humain envahit sa vision de la société et le mène à la conclusion que les choses sont comme elles sont et ne peuvent être améliorées. Il est assez logique, quand on croit que l’être humain n’évolue pas, qu’un changement dans l’environnement qu’il s’est lui-même crée, ait beaucoup de chance d’être négatif. Les envies d’évolution, de progrès (dans le sens positif du terme) sont donc vues comme naïves voir puériles. A l’extrême, l’intervention elle-même devient négative, le remède serait pire que le mal. On en a un bon exemple dans la deuxième conversation avec Sarah (à 13 min 20), juste après les deux répliques sur l’importance des vies humaines, celle-ci enchaîne sur le thème du changement :
(Sarah) : « Si tout le monde pensait comme vous, rien ne changerait jamais.
(Rambo) : « Mais y’a rien qui change.
(Sarah) : « Bien sûr que si ! Tout fini par changer un jour ou l’autre.
(Rambo) : « Allez profiter de la vie pendant que vous en avez une.
(Sarah) : « C’est exactement ce que j’essaie de faire.
(Rambo) : « Non, ce que vous essayez de faire c’est de changer les faits.
(Sarah) : « Qu’est-ce que ça veut dire ?
(Rambo) : « Rentrez chez vous. »
On voit bien l’aspect paternaliste de cette conversation, Rambo parle avec bienveillance mais n’explique pas ce qu’il dit. Il voudrait que Sarah se soumette à son point de vue juste parce qu’il est plus vieux, qu’il a plus d’expérience et sans être obligé de la convaincre. Tout comme les traditions, Rambo a passé l’épreuve du temps, il a l’expérience et la sagesse.

     Rambo IV réunit donc énormément de valeurs et de croyances découlant de l’idéologie conservatrice. Son attirance pour la simplicité et l‘expérience, sa vision pessimiste de l’être humain et de son monde, son approche paternaliste et sa croyance au besoin naturel d’une hiérarchie et de leaders supérieurs en font une illustration solide de la perception que cette idéologie donne des conflits.

     Plus intéressant, le film démontre assez clairement comment cette perception peut transformer une personne sensible et farouchement opposée à un conflit, en partisan impitoyable de l’éradication totale de l’ennemi. 
     Les films d’actions purs et durs sont souvent encrés dans une idéologie conservatrice parce qu’elle offre un terrain favorable à une escalade de violence. Dans l’idéologie conservatrice, le méchant est méchant parce qu’il est méchant et il l’est jusqu’au bout, ce qui évite de développer le scénario et permet d’accorder plus de temps aux scènes d’actions.
« Die Hard 4 » est un bon exemple de film d’action qui trempe dans l’idéologie conservatrice mais qui intègre également d‘autres éléments pour élargir son public. Le personnage de John Mac Clain est présenté comme un dinosaure et les nouvelles technologies prennent une place extrêmement importante dans le film. Mais au final se trouve-t-on face à une tentative d’ouverture ou face à une réaffirmation des valeurs conservatrices en prenant compte des critiques qui en sont faites habituellement ?
     Dans Rambo IV, on reste à l’intérieur des thèmes conservateurs, même les divergences entre les personnages traduisent des différences entre les mouvements au sein de l’idéologie : le rapport avec l’argent, la religion ainsi que l’espoir de changement sont des thèmes qui ont souvent divisé le parti et ont fait naître plusieurs mouvements au cours de son histoire. Le moindre plan est imprégné de cette perception du monde et c’est certainement la force de Rambo IV parce que le film donne ainsi une base solide est cohérente pour comprendre une idéologie politique et apercevoir la psychologie qui en découle.  

Bibliographie :

Andrew Heywood: political ideologies an introduction


 

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