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Ten Meter Tower : Exténuante propagande misandre. (partie 2)

Publié le par Kevin

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Arrive alors le sommet de l’hypocrisie masculine ridicule: un jeune homme qui faisait son malin et que sa copine a pris au mot. Ils se retrouvent tous les deux en haut du plongeoir et on devine que le garçon est terrifié, ne veut pas sauter mais ne veut pas non plus renoncer devant sa magnifique Frida.

Ten Meter Tower : Exténuante propagande misandre. (partie 2)

Elle lui dit de prendre une décision et de s’y tenir, il répond que ce qui est sûr c’est qu’il sautera sans prendre son élan. On voit immédiatement l’esquive et on rigole en coin. Il est incapable de dire « je vais sauter » et incapable de dire « Je ne vais pas sauter. »

Encore un mec moins courageux que la petite fille et moins courageux que la petite grosse. Tous des losers vraiment.

A peine le garçon a-t-il dit « si je saute… » que sa copine se jette sur l’occasion « alors vas-y et je te suis. » Elle n’a aucune hésitation. Lui par contre, est gêné par l’assurance de sa copine « tu vas vraiment sauter !?! » Il comprend qu’il ne va pas pouvoir se dégonfler. On verra par la suite que la fille n’a ni peur ni hésitation et pourtant, elle ne montre aucune fierté ou arrogance. Elle lui dit même que s’il saute et ne lui déconseille pas de le faire, alors elle le fera. Cependant, une fois qu’il a sauté, elle lui demande de se taire parce qu’elle ne veut pas qu’il la décourage.

Ainsi, cette fille douce et effacée, qui n’étale aucune confiance en soi excessive, ni arrogance, et fait même preuve de beaucoup d’humilité, d’effacement, d’incertitude, se retrouve en fait être courageuse, volontaire et enthousiaste.

Alors que son copain accumule toutes les faiblesses et failles narcissiques possible. Au bout d’un moment, elle lui lance « Tu le fais pour toi, alors comment tu le sens ? » Elle lui rappelle qu’il ne fait pas ça pour l’impressionner et qu’il peut laisser tomber s’il le veut. Sauf qu’il ne le fait pas pour lui et qu’il serait incapable de renoncer en sachant qu’elle va le faire. Il lui dit donc de fermer sa gue***. « I’ll tune you out for a while. »

Ten Meter Tower : Exténuante propagande misandre. (partie 2)
Ten Meter Tower : Exténuante propagande misandre. (partie 2)

La fille ne se braque pas et s’excuse. Alors qu’elle pourrait s’énerver. Mais le féminisme adore les victimes qui encaissent sans rien dire alors qu’elles sont plus capables que leurs bourreaux. Le féminisme se veut la victoire de la valeur, pas celle du plus fort. C’est une idée évidemment séduisante, sauf que ça donne des personnes ultra arrogantes qui passent leur temps à créer des signes de leur sainteté qui devraient te faire te mettre à genoux, toi le vilain qui ose défendre tes intérêts. Le féminisme impose le refoulement de l’instinct de survie et du désir sain de bonheur égoïste. La femme battue ne devrait pas trouver la force de tenir tête ou celle de s’enfuir, elle devrait être sauvée par une entité extérieure parce que c’est elle la gentille, ou au moins avoir le droit d’effacer le méchant d’un claquement de doigt impitoyable.  Rien ne doit remettre en question sa pureté immaculée.

Frida propose alors de sauter la première. Le garçon s’y oppose catégoriquement, effrayé. Evidemment puisque si elle saute, il ne le fera sans doute pas. Et la fille ne doit évidemment pas sauter la première sinon, où va le monde ?

Ten Meter Tower : Exténuante propagande misandre. (partie 2)

Il assimile petit à petit qu’il n’a pas le choix et prévient qu’il va sans doute hurler. Elle répond « moi aussi » sans hésitation ni honte. Encore une fois, on voit les femmes assumer leur peur et les hommes tenter de la dissimuler de manière ridicule. Il cherche ensuite à changer de conversation et la fille commence à se montrer un peu sarcastique.

Il se plaint d’avoir les genoux qui tremblent et sa copine lui dit « ah, alors quand on rigole, tu es partant mais une fois que tu décides de le faire, tu te mets à flipper. » une fois encore, il lui répond qu’il ne l’écoute pas, avant de rattraper la violence de sa remarque par une gentillesse. « Mais c’est doux d’entendre ta voix. » Quel triste loser.

Il finit par sauter, sa copine l’encourage jusqu’à la dernière seconde redoutant clairement qu’il se dégonfle encore et à peine l’a-t-il fait qu’elle lui fait signe de s’enlever pour sauter elle-même immédiatement, terrifiée et impatiente.

Ten Meter Tower : Exténuante propagande misandre. (partie 2)

Je n’ai pas de sympathie pour ce que ce jeune homme représente. Je déteste ça et je déteste les hommes comme ça. Même si au moins il ne se permet pas de se mettre en colère contre sa copine (Merci la caméra ?). Cependant, je ne suis pas en train de dire que ce qui nous est montré dans le film n’existe pas, je suis en train de dire que l’intégralité du documentaire est tournée vers cette représentation négative et dégradante des hommes.

Ce garçon trahit un grand nombre de défauts masculins clichés et face à eux, sa copine adorable se montre d’une patience et d’une douceur infinie, alors qu’elle n’a aucune de ses failles et aucune de ses craintes.

L’ensemble de leurs interactions construisent un argument très violent et hypocrite vis-à-vis des hommes. Exactement comme la petite fille qui saute mise à côté de l’homme paralysé, on a ici une fille douce, enthousiaste, courageuse, tolérante, face à un branleur impatient, désagréable, lâche, m’as-tu vu etc…

Ten Meter Tower : Exténuante propagande misandre. (partie 2)

Et oui, ces défauts existent, et beaucoup d’hommes sont insupportables. Mais il est d’une hypocrisie répugnante de les mettre en face d’un contraire féminin comme si un sexe avait tous les défauts et l’autre toutes les qualités.

Surtout qu’en plus, les filles comme Frida ne s’intéressent pas aux garçons gentils, non, elles choisissent plutôt de bons connards machos qui les rabaissent, dont elles se plaignent et dont elles se moquent dès qu’elles ont l’occasion de prendre le dessus, mais se mettre avec un autre type d’homme ? Une fois sur dix alors.

Ten Meter Tower : Exténuante propagande misandre. (partie 2)

Cette dernière remarque est assez imprécise, je ne la veux pas trop rigide, je veux juste souligner qu’il y a une hypocrisie dans la complainte féminine/féministe qui voudrait que les hommes soient tous des machos insensibles, arrogants et m’as-tu vu car beaucoup de femmes acceptent la doxa qui voudrait que les hommes sont comme ça et ne reconnaissent pas comme des hommes, ceux qui ne correspondent pas à cette image de la masculinité qu’elles critiquent et dont elles se plaignent. Ça se mord la queue. « Les hommes sont tous des connards, et quand ils ne sont pas des connards, ce ne sont pas des hommes. »

 

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Le métrage enchaine alors avec le plongeon de deux hommes, cela sans contexte. Et justement, dans le contexte, cela ressemble beaucoup à une concession faite à la vérité « oui, les hommes peuvent sauter sans faire d’histoire. » Le reste n’est tellement qu’une insulte frontale et hypocrite à la masculinité qu’il faut bien un peu admettre la vérité : beaucoup des hommes qui montent savent ce qu’ils font.

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Nous retrouvons alors la grand-mère en maillot de bain bleu du début qui constate poings serrés, en colère contre elle-même, « J’ai pas les tripes » d’une manière assez hilarante. Elle retourne à l’échelle, marque une longue pause, revient, prend sa respiration mains sur les genoux et saute.

Ten Meter Tower : Exténuante propagande misandre. (partie 2)

Avec la petite grosse du 4, elles encadrent à la perfection le maigrichon du 6.

Ten Meter Tower : Exténuante propagande misandre. (partie 2)

Toutes deux paraissent moyennement aptes physiquement. L’une décide de renoncer et le fait immédiatement avec force de caractère (c’est important). L’autre constate avec violence qu’elle ne parviendra pas à le faire, elle aussi renonce en un instant. Cependant elle change d’avis et retourne sauter en trente secondes.

Ten Meter Tower : Exténuante propagande misandre. (partie 2)

Ainsi, on voit que même lorsqu’elles renoncent à renoncer, les femmes ne tournent pas trois cent ans autour du pot. Même dans l’indécision, elles sont décidées et ne pleurnichent pas.

Ten Meter Tower : Exténuante propagande misandre. (partie 2)
Ten Meter Tower : Exténuante propagande misandre. (partie 2)

Alors que 6 et 7, qui ont tous les deux un corps jeune et approprié, hésitent et hésitent et tournent autour du pot sans être capables de décider de ce qu’ils veulent.

 

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Viennent ensuite deux homos qui sont donc deux hommes mais sortent des attentes de la masculinité. Je ne m’attarderai pas sur le fait qu’ils soient latino et noir et que ce n’est pas non plus un hasard, comme souvent l'orientation sexuelle non hétéro est associée à un statut de minorité ethnique (Déjà dans deuxième sexe).

Si la dynamique entre homme et femme est tournée vers le courage humble et le discrédit de la masculinité immature, entre les homos, il semblerait qu’il soit question d’assumer ses sentiments, de coming out. Le courage de sauter devient le courage d’assumer son homosexualité et son amour. On s’approche de dire que l’homosexuel est donc un hétéro courageux qui assume ses sentiments.

Ten Meter Tower : Exténuante propagande misandre. (partie 2)

Le latino saute après avoir dit « je t’aime » à son ami. Le noir ne parvient pas à sauter et dit « mon cerveau dit « saute, » mais mon cœur dit « non. » » Son copain le prend très mal et le harcèle pour qu’il se lance, allant jusqu’à l’inviter du bras comme il l’inviterait pour une danse. Ainsi, pour eux, le courage c’est l’abandon ultime de la masculinité pour les sentiments homos, un cap que l’un des deux ne parvient pas à passer.

Ten Meter Tower : Exténuante propagande misandre. (partie 2)

On s’approche vraiment de croire au premier degré que les sexes sont des rôles et que réellement la masculinité devrait disparaître, qu’un mec normal qui s’assume tel qu’il est, est homo. Pour vaincre la Ten meter tower phallique, il faut assumer sa part de féminité.

(la femme qui ne saute pas, ne lui donne clairement aucun sens symbolique donc elle ne compte pas).

Ce qu’il faut noter ici, ce qui reste dans le cadre de notre interprétation, c’est que lorsque le latino donne des signes d’hésitation, l’écran les dissimule en nous offrant à droite l’angle de la caméra qui montre le bassin, annonçant de cette manière qu’il va sauter. Ainsi, on ne le confondra pas avec l’un de ces machos hétéros stupides qui hésitent indéfiniment. Lui, on sait qu’il va sauter même alors qu’il hésite sérieusement.

Ten Meter Tower : Exténuante propagande misandre. (partie 2)

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Un autre plan en ralenti extrême nous montrant cette fois une grosse dame, la cinquantaine passée, effectuant le saut. Lorsqu’on nous a montré deux hommes, ils étaient lambda, rien d’étonnant (sauf qu’ils sautaient à deux mais je ne sais pas quoi en penser). Là, on nous montre encore une femme de manière à nous étonner. On ne s'attendrait pas à ce qu'une telle femme saute, or, elle est déjà en train de le faire sous nos yeux.

Ten Meter Tower : Exténuante propagande misandre. (partie 2)

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Nous retrouvons ensuite la jeune femme en surpoids du début. Celle qui se tenait aux côtés de la grand-mère au maillot bleu. Celle-ci va hésiter, avoir peur, rigoler de manière bien sympathique et sauter.

Ainsi, ces deux femmes qui ont été utilisées au début pour porter la signification de la peur que représente ce saut sont montrées à la fin surmontant leur peur. Il ne faudrait surtout pas que les spectateurs s'imaginent qu'elles n'ont pas sauté.

Ten Meter Tower : Exténuante propagande misandre. (partie 2)

Et le garçon qui disait « ne vous méprenez pas mais c’est plus haut que ça en l’air », le métrage lui offre-t-il de nous le montrer osant plonger ? Non. Et celui en short orange ? Non. Et celui qui ne bougeait pas à côté de la petite fille ? Non plus.

Ten Meter Tower : Exténuante propagande misandre. (partie 2)

Bien sûr, il y a également plusieurs femmes dont on ne voit pas la conclusion. Cependant, leur présentation est neutre. Je parle des femmes du 1 et 3. Ces femmes ne sont là que comme exemple de personnes confrontées au gouffre. Elles posent la question, et la question reste ouverte pour elles, sans indice de la conclusion.

Ten Meter Tower : Exténuante propagande misandre. (partie 2)

Les hommes de 3, 4 et 5 n’ont pas de conclusion alors que leur comportement n’est pas neutre et que cela fait une différence s’ils ont sauté ou non.

Le "don't get me wrong" de short bleu devient justifié. L'attitude de short orange devient moins ridicule, peut-être est-ce juste un habitué qui a déjà fait ce saut des dizaines de fois. Et l'immobilité de short jaune devient une simple préparation à son saut. En ôtant leur conclusion les réalisateurs ont changé le sens de leurs comportements.

Ten Meter Tower : Exténuante propagande misandre. (partie 2)

Je soupçonne donc qu’ils ont finalement sauté mais que cela ne correspondait pas à ce que le réalisateur voulait raconter.

Mais l’important c’est surtout ce simple constat : toutes les femmes dont la conclusion a un sens ont une conclusion, conclusion valorisante en plus, même lorsqu’elles renoncent. Alors que les hommes sont tous dévalorisés, ne sont pas nécessairement montrés lorsqu’ils sautent, ou sont montrés lorsqu’ils renoncent sans l'assumer vraiment etc… etc…

Seuls deux hommes sautent. Un homo, qui échappe donc au besoin de masculinité, et un mec macho qui saute par amour pour sa copine… comme l’homo qui saute en disant "je t’aime" à son copain juste auparavant. 

 

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Le dernier homme est un cliché de masculinité. Il incarne la masculinité brute telle que le féminisme rétrograde la perçoit. Il prononce deux fois le mot « fuck », ce qui est d’autant plus étrange que les autres parlent en suédois. Il est musclé, tatoué et serre les poings.

Ten Meter Tower : Exténuante propagande misandre. (partie 2)

Une voix, hors champ, lui crie « last chance, jump now. » Il n’a été fait mention à aucun moment d’une limite de temps mais soudainement, pour cet homme c’est « la dernière chance. » Il est introduit comme celui qui inspire l’impatience, comme le dernier de la classe. Et c’est effectivement le dernier de la vidéo.

Ten Meter Tower : Exténuante propagande misandre. (partie 2)

Il renonce, la caméra nous le montre descendre l’intégralité des échelles. Pour la petite grosse, le renoncement était valeureux, pour lui c’est la défaite, la honte. Il se croyait un dur à cuir, il se croyait un homme, pffff, il n’est même pas fichu de faire ce qu’une fillette a fait au début de la vidéo. Bouuuh, loser !

Ten Meter Tower : Exténuante propagande misandre. (partie 2)

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La victoire finale revient à : la femme.

On envoie la neuvième symphonie de Beethoven à fond les ballons, extrême ralenti et plongeon dos tourné au vide parce les femmes ont tellement la classe.

Ten Meter Tower : Exténuante propagande misandre. (partie 2)
Ten Meter Tower : Exténuante propagande misandre. (partie 2)

Que c’est minable, que c’est grossier, hypocrite, sexiste et bête.

 

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Il y a beaucoup de problèmes dans ce film.

Comme je l’ai dit au début, je ne suis pas choqué par l’idéologisation de ce qui nous est montré. Celle-ci est automatique et obligatoire. Forcément, le réalisateur d’un tel film devra décider de ce qu’il veut montrer et de ce qu’il ne veut pas montrer, de ce qui a un intérêt et ce qui n’en a pas, de ce qui est convenable, ce qui ne l’est pas. Même en toute innocence, il insèrera forcément une idéologie. Et ça n’est pas un mal.

Le problème ici, c’est que l’idéologie est répugnante de complaisance et d’hypocrisie. Les hommes sont des minables immatures, les femmes sont des déesses. On en est à ce niveau de bêtise et d’absence de nuance.

Un des aspects les plus frappants pour moi et que l’on nous donne à voir des femmes de tout âge et de toute morphologie, alors que les hommes sont tous jeunes et attirants (mis à part le grand maigre qui sans être repoussant, n’inspirera pas un émoi sexuel immédiat).

Il n’y a pas d’équivalant masculin donné aux grosses et aux vieilles et je trouve ce degré de malhonnêteté terriblement intriguant.

Parce que, dès les premières images, on voit la jeune femme en surpoids et la grand-mère et le spectateur, qui n’est pas sexiste lui, va les assimiler comme l’idée que le métrage va nous montrer des personnes de tout âge, de toute morphologie et de tout sexe. Or non, les hommes sont tous jeunes, minces et musclés (à l’exception d’un) alors que les femmes elles, ont droit à une représentation complète.

De plus, ces femmes aux corps imparfaits sont montrées avec défi. Oseras-tu te moquer de la grosse ? Alors qu’elle est jolie et rigolote ? Oseras-tu être ce connard macho ? Oseras-tu te moquer des vieilles qui sont montées si haut à leur âge et dont l’une ose même sauter ? Non, bien sûr que non.

Par contre, le grand dadais qui hésite, lui on peut se foutre de lui. Ah ah qu’il est ridicule à gesticuler des bras pour ne pas sauter une seconde après avoir décidé de le faire. Et le dur à cuire qui renonce en jurant. Et le beau gosse qui se met en scène et l'autre qui ne bouge pas d'un poil comme paralysé etc...

 

 

Cependant, au-delà de la propagande misandre, il y a un autre aspect plus insidieux qui revient souvent avec le féminisme. C’est qu’en plus de se tromper dans sa perception de la masculinité qu’il prétend en plus haïr alors qu’il la vénère secrètement et l’envie, le féminisme rabaisse involontairement les femmes de la même manière que le pire des machos.

Il n’y a pas plus immaturément masculin qu’un défi débile du type « t’es pas cap de sauter !!! »

Avoir l’opportunité de constater à quel point les hommes peuvent passer des années, fonder des amitiés entières, sur cette simple compétition pour prouver qu’on est un mâle un vrai, est une expérience traumatisante dévastatrice. Surtout qu’en plus, les activités que pratiquent les hommes pour se faire croire qu’ils sont des partenaires sexuels légitimes pour les femmes sont souvent totalement à côté de la plaque.

Ce court métrage représente parfaitement le délire féministe, déjà présent dans Deuxième Sexe, qui, au lieu de créer une passerelle entre homme et femme, au lieu de rapprocher les sexes avec bienveillance, fait monter les femmes sur le même plongeoir à la con que les hommes.

Les féministes admire et envie la masculinité macho débile et cherche à la rejoindre dans ses travers les plus phallocrates. Elles aussi elles veulent montrer qu’elles en ont une de dix mètres de haut.

 

Laissez-moi déformer ce qu’il se passe dans ce film pour en retirer une idéologie plus intelligente.

Linus a fait son malin et se retrouve sur le plongeoir aux côtés de Frida. Il est terrifié, elle est impatiente. Il veut rester masculin et viril, elle le trouve ridicule mais s’en fiche, elle considère que ça ne la concerne pas, que ça n’est pas son problème.

Le truc c’est que ça la concerne. Linus, comme un nombre incalculable d’hommes, est traumatisés par les attentes ultra violentes de sa culture envers la gente masculine. Il est convaincu que s’il est parvenu à sortir avec Frida, c’est grâce à tous les efforts qu’il a fourni pour être un mâle conforme, et il a certainement raison.

Or, dans cette situation, son désir de masculinité se heurte à un obstacle de taille : un saut de dix mètres qui le terrifie et que sa copine a clairement envie de faire.

Pour plaire à Frida, il a probablement déjà fait des tonnes de conneries débiles. Les hommes font des tonnes et des tonnes de choses débiles, et prétendent des tonnes et des tonnes de choses pour se rendre acceptables, légitimes, éligibles aux  yeux des femmes. Et l’une des failles narcissiques infinies de la gente féminine c’est de croire que ça ne fonctionne pas, que ce qu’elles veulent c’est juste qu’ils soient honnêtes et naturels. C’est un mensonge. La plupart des hommes malhonnêtes avec les femmes n’existeraient pas aux yeux de celles-ci s’ils devenaient honnêtes. Et quelque part, elles le savent bien.

Ainsi, Linus vit ce saut de dix mètres comme une épreuve nécessaire supplémentaire à la sauvegarde de son couple. Et ce n’est pas difficile de le voir puisqu’il conclura « Si tu tombes Frida, je tombe. » Il affirme que ce saut signifie pour lui qu’entre eux c’est à la vie à la mort.

Deux secondes avant, elle se moque de lui parce qu’il a peur et semble vouloir renoncer. En faisant cela, elle scelle son sort. Il ne peut plus reculer.

Ce dont ce jeune homme avait besoin c’est que sa copine lui dise « Hey, Linus, je m’en moque que tu sautes. Si ça te fait trop peur redescends. Tu seras toujours autant un homme pour moi. Ça n’a rien à voir. » Un câlin, un bisou et elle le pousse gentiment vers l’échelle.

Alors attention, je ne dis pas que Linus le mérite. Ce genre de mec a été mon ennemi mortel depuis ma plus tendre enfance. Dans le sens où les garçons et hommes comme lui tentent spontanément de m’éliminer dès que je me retrouve dans leur entourage. Et ils sont très nombreux.

Simplement, émasculer symboliquement le crétin prêt à n’importe quelle débilité pour se sentir masculin ne sert à rien. Surtout lorsque l’émasculation n’est que symbolique. Frida est bien la copine de Linus. Elle se moque de lui, le ridiculise, mais elle ne se donne pas à un autre mec moins débile.

Les abrutis "machos" sont des traumatisés. Insupportables, nocifs, détestables, mais des traumatisés quand même. Si ma petite copine me fatigue et m’insupporte avec sa phobie des araignées, ma conclusion ne sera pas de finalement la pousser dans une baignoire remplie de mygales. Sois je la soigne, sois je la quitte, la punition ultime n’a aucun sens.

C’est ce que représente ce saut pour Linus, et c’est ce que le féminisme fait avec la virilité depuis des décennies. C’est juste de la vengeance capricieuse, malveillante, aveugle et destructrice qui se moque bien des conséquences et encore plus de bâtir un monde meilleur. Et encore encore plus de se demander sa part de responsabilité dans l’équation.

 

Bref, quelle tristesse que dans nos cultures actuelles, un concept aussi doux, universel et mignon, un plongeon effrayant, soit obligé de se transformer en déjection propagandiste crasseuse et complaisante.

 

 

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