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Starship Troopers : Les Fausses Batailles Historiques Américaines partie 2 (2200 Mots)

Publié le par Kevin

Je me souviens que l'affiche du film m'avait laissé terriblement perplexe à l'époque. Je la comprends mieux aujourd'hui. La griffe arachnide qui déchire le ciel indique le monde du soldat comme étant factice. Seule la souffrance est véritable, le reste est une mascarade.

Je me souviens que l'affiche du film m'avait laissé terriblement perplexe à l'époque. Je la comprends mieux aujourd'hui. La griffe arachnide qui déchire le ciel indique le monde du soldat comme étant factice. Seule la souffrance est véritable, le reste est une mascarade.

A sa sortie, Starship Troopers a été lynché par les critiques américains qui y voyaient une œuvre de propagande pour une société militariste autoritaire. Mon œil.

Starship Troopers est un film qui a été assassiné parce qu’il s’attaquait à l’un des méchants ultime de notre époque, retraçait son histoire et en dénonçait les méthodes : le complexe militaro-industriel.

Les idées que je vais développer dans cet article me viennent de films et de quelques lectures de livres d’histoire, de cours de Civilisation à la fac et de documentaires, mais principalement de films. Par conséquent, même si je suis assez convaincu de ce que je vais raconter, sans quoi ça ne m’intéresserait pas d’en parler, je ne considère pas non-plus détenir une vérité ultime. Je dis juste ce que j’ai trouvé dans les films, prenez tout ça avec des pincettes et faîtes-vous votre propre opinion.

 

L’idée principale derrière Starship Troopers est celle d’une guerre factice qui permet au complexe militaro-industriel de s’enrichir en vendant des armes et de l’équipement.

On nous raconte que le gouvernement terrien, la fédération, a été mis en place par les vétérans d’une guerre mondiale et cela dans la but ultime d’éviter d’autres conflits : « Si vis pacem, para bellum. »

La fédération s’est donc reconstruite nécessairement en parallèle de l’industrie de l’armement et une fois la paix totale obtenue, la logique guerrière s’est trouvée dans une impasse. La belle société pacifiée, pacifique et pacifiste jusqu’à la naïveté se retrouve à avoir l’inconscient surchargé de pulsion de génocide.

On le voit par exemple dans la relation que John Rico entretient avec ses parents. Ils sont absolument étouffants de compréhension et de gentillesse, la seule chose qu’ils veulent éviter c’est que Rico parte à l’armée. Ils tentent de l’en dissuader en lui offrant le voyage de ses rêves. Inexorablement, Rico va développer un besoin de rébellion, il veut faire ses propres choix, prendre le contrôle de sa vie et se retrouve happé par la propagande subtile et inversée du cours de Rasczak. Évidemment, Carmen n’est pas pour rien dans son choix non plus.

Ainsi, la société de la fédération est habitée par des individus qui refoulent leurs pulsions que je qualifierais d’actives. Ils sont sages et soumis mais au fond sont prêts à exploser. Ils sont à l’image de la fédération qui parvient à maintenir la paix sur terre, mais au prix d’une guerre totale constante à l’extérieur des frontières. Le parallèle avec l’Amérique est évident. Tout « ailleurs » est une zone de combat.

 

L’équivalent du président semble être le « Skymarshall » dans la fédération et j’imagine que, comme pour nous, il ne sert que de façade au pouvoir véritable qui est loin l’être dévoué et bienveillant.

Verhoeven et Neumeier ne se contentent pas de raconter l’histoire d’une conspiration fictive mais profitent du film pour pointer du doigt les exactions les plus connues du complexe militaro-industriel.

 

-1- Le Vietnam.

J’ai rencontré l’idée que le Vietnam était une mascarade pour la première fois avec le film L’Echelle de Jacob dans lequel le personnage principal est traumatisé par les souvenirs qu’il a du massacre de son unité dans la jungle. La conclusion du film m’avait troublé par sa grossièreté. L’homme comprend qu’il n’y avait pas de Vietcongs impliqués dans le combat, mais qu’un gaz dispersé par l’armée américaine les avait fait s’entretuer lui et ses hommes.  

Cette conclusion excessivement sombre et grotesque m’avait donné le sentiment que le scénariste avait voulu aller trop loin dans le but de choquer. Cependant, j’avais pris note de cette accusation étrange et je me suis mis à remarquer des trucs un peu bizarres par-ci par-là chaque fois qu’il est question de la guerre du Vietnam dans un film.

Dans Good Morning Vietnam, Adrian et Edward sont attaqués par un ennemi sans visage alors qu’ils traversent la jungle en jeep. On pourrait les abattre sans problème, surtout qu’ils réalisent qu’ils ont tourné en rond en essayant de prendre la fuite. Et hop, Adrian rentre en Amérique. L’attaque était une mise en garde américaine. Il n’y avait aucun Vietcong impliqué.

Forrest Gump

Forrest Gump

Le film qui m’a évidemment le plus fait bizarre, c’est Forrest Gump avec sa guerre du Vietnam totalement grotesque et encore une fois, sans ennemi.

Je ne me souviens plus suffisamment de Platoon ou Full Metal Jacket pour juger, mais évidemment Apocalypse Now est également une critique.

Edit: Hamburger Hill aussi nous dépeint une bataille absurde qui semble avoir été mise en place uniquement pour augmenter les pertes en vies humaines du côté américain. L'unité au centre de l'histoire doit prendre une colline sans arbre, sur un sol marécageux dû à la pluie. Le napalm a brûlé les arbres et fait que les soldats sont exposés. Dans une scène absolument délirante, des hélicoptères arrivent en renforts pour appuyer l'attaque de l'infanterie et se mettent à tirer sur les soldats américains, provoquant les pertes les plus lourdes depuis le début du film.

Plus incroyable, le récent King Kong: Skull Island, nous parle aussi du complexe militaro-industriel. Et quand Gareth Edwards explique qu'il voulait que la bataille de Scarif dans Rogue One ressemble au débarquement et à la guerre du Vietnam, devinez pourquoi (Parce que la bataille finale de son film est une mascarade mise-en-place par l'empire pour piéger les rebelles).

Toujours lié à la guerre du Vietnam, les films qui parlent du Watergate eux aussi suggèrent des choses très étranges, mais là, je n’ai pas de conclusion. Mark Felt, j’ai pas bien compris.

Suite de la guerre du Vietnam, la guerre du Golf aussi se retrouve face à un ennemi fantôme. On le voit dans Jarhead et dans Les Rois du Désert. Les soldats s'ennuient, il ne se passe rien. Dans Dunkirk, les allemands sont curieusement invisibles et les pertes anglaises servent d’argument à Churchill pour trainer les américains dans l’effort de guerre.

Évidemment, on peut également trouver des films comme Lord of War ou Wardogs pour aborder le sujet de la guerre comme business.

Jacob's Ladder

Jacob's Ladder

Mais donc, simplement, le Vietnam est l’archétype de la fausse guerre sans ennemi, sans autre raison d’être que de satisfaire le complexe militaro-industriel et la guerre de Starship Troopers en devient la descendante. On peut noter que le tatouage que se font les soldats de l’infanterie « Death from above » est une allusion directe à la guerre du Vietnam.

L’ennemi des terriens est loin, plutôt que de ne pas parler la même langue, il est même question d’une race différente, d’insectes dégoûtants qu’on aura encore moins de scrupule à tuer, et dont l’organisation ne laisse aucune place à l’individualité. Le meilleur ennemi possible.  

 

 

-2- Alamo et le Débarquement en Normandie.

Sur wikipédia :

Le siège de Fort Alamo (23 février - 6 mars 1836) fut un événement majeur de la Révolution texane. Après un siège de 13 jours, les troupes mexicaines commandées par le général Antonio López de Santa Anna […] lancèrent un assaut contre la mission Alamo près de San Antonio de Bexar […]. Tous les défenseurs texans furent tués et la cruauté apparente de Santa Anna pendant la bataille poussa de nombreux colons et aventuriers américains à rejoindre l'armée texane. Poussés par l'envie de prendre leur revanche, les Texans battirent l'armée mexicaine à la bataille de San Jacinto le 21 avril 1836 qui mit fin à la Révolution.

Plusieurs mois auparavant, les Texans avaient chassé les troupes mexicaines hors du Texas alors partie de l'État de Cohuila y Texas et environ 100 soldats furent placés en garnison dans l'Alamo. L'unité fut renforcée par une unité menée par les futurs commandants du fort, James Bowie et William B.Travis. Le 23 février, environ 1 500 soldats mexicains arrivèrent à San Antonio de Béxar avec l'objectif de reprendre le Texas. Durant douze jours, les deux forces s'affrontèrent lors de plusieurs escarmouches. Conscient que sa garnison ne pourrait pas résister à une attaque de grande ampleur, Travis écrivit plusieurs lettres pour demander des renforts mais moins de cent hommes le rejoignirent.

Toute ressemblance est purement fortuite.
Toute ressemblance est purement fortuite.

Toute ressemblance est purement fortuite.

Je mets en rouge la phrase qui montre comment les événements d’Alamo représentent une manipulation. Travis n’a reçu que peu de renfort afin que la bataille se transforme en boucherie et que « l’opinion publique » se tourne contre les Mexicains dont la cause était en réalité parfaitement défendable.

Ainsi, Alamo résonnerait dans l’histoire comme l’une des premières opérations militaires dont l’objectif est tourné vers la com(munication). Ce qui contredit le titre de mon article sur Saving Private Ryan. Ceci étant dit, le film se termine sur le siège d’une ville française qui fait explicitement allusion à la bataille du fort d’Alamo, et il est bel et bien question de communication et de propagande.

L'un des bâtiments de la ville française du siège final de Saving Private Ryan est surnommé The Alamo.

L'un des bâtiments de la ville française du siège final de Saving Private Ryan est surnommé The Alamo.

Dans les films, les allusions à cette bataille serait donc un moyen de pointer du doigt une mascarade. Tout siège tenu héroïquement jusqu’à la mort devrait nous inspirer le désir de creuser un peu la question, nous devrions y reconnaître une méthode de « désignation d’un ennemi ultime. » C’est-à-dire que le siège sert de preuve symbolique au fait que l’ennemi

1-veut nous éradiquer jusqu’au dernier et ça sans la moindre pitié

2-est prêt à endurer toutes les pertes possibles et imaginables pour atteindre son but et

3-n’a pas d’idéologie ou de motivation compréhensible au–delà de cet objectif.

En creux, le siège permet de construire l’image d’un ennemi qui est juste bon à être exterminé. Contrairement à nous, il ne tient pas à la vie donc nous ne devrions pas avoir d’hésitation à le massacrer. Il ne semble pas motivé par autre chose que le désir de nous exterminer donc inutile de tenter de parlementer ou de chercher un terrain d’entente, nous ne pourrons jamais nous entendre sur la manière dont il va nous éliminer. Il ne semble pas avoir de problème à essuyer de lourde perte, c’est inquiétant, mieux vaut mener la guerre sur son territoire et lancer tout de suite des frappes préventives.

 

Avant de parler de siège en milieu hostile cependant, il faut commencer par le commencement : poser le pied en territoire ennemi. Le débarquement est utilisé comme symbole de la destruction de l’innocence, on est entré en guerre en croyant que tout serait réglé en cinq minutes, pas de chance l’ennemi est plus malin que prévu, mieux préparé, plus coriace. Alors il nous faut plein de pertes humaines pour souligner que finalement, la guerre qu’on vous avait promise comme courte sera en fait longue et va coûter plein d’argent au contribuable.

Selon Saving Private Ryan, le débarquement de la seconde guerre mondiale fut une boucherie organisée pour que la victoire de la seconde guerre mondiale soit perçue comme Américaine alors que c’est les russes qui avaient fait tout le boulot et qui avaient le plus de pertes humaines. Au niveau symbolique c’est la bagarre Débarquement VS Stalingrad. Faire un film sur Stalingrad c’est dire que les Américains n’ont aucun mérite, faire un film sur le débarquement c’est dire que c’est eux les héros… sauf si tu fais dire à ton sous-texte que cette version officielle est une mascarade.

Le débarquement sur la planète arachnide a été très critiqué parce que son organisation était absolument absurde et peu crédible, mais celle-ci l’est en fait volontairement. Les marines sont offerts en sacrifice aux arachnides pour que la bataille reste un traumatisme historique. Aussi, on peut sélectionner parmi les victimes ceux que l’on va sauver. On prend John Rico le soldat qui a la rage au ventre, mais on ne sauve pas l’écrivain, la fille qui voulait tomber enceinte ou même Dizzy. La fédération se débarrasse de ceux qui la gênent.

Imaginez qu’après cet événement John Rico doit la vie à la structure hiérarchique qui l’entoure. Cela représente un endettement gigantesque qu’il n’aura certainement aucun moyen de surmonter.  Sa vie appartient à la fédération.

 

 

-3- Massacre des civils innocents

Un des autres grands classiques du complexe militaro-industriel c’est l’atroce acte terroriste insensé monstrueux avec l’auteur qui laisse sa carte de visite.

Wahou ! Quelle folle coincidence. Le météore arachnide atteint la terre exactement à l'instant où le personnage central du documentaire de propagande demande à ses parents s'il peut revenir à la maison. Et en plus, écoutez ça ! Le métérore tombe sur sa ville natale ! Et attendez, c'est pas tout ! Il tombe exactement à l'instant parfait pour mettre fin à la conversation de notre héros et de ses parents !
Wahou ! Quelle folle coincidence. Le météore arachnide atteint la terre exactement à l'instant où le personnage central du documentaire de propagande demande à ses parents s'il peut revenir à la maison. Et en plus, écoutez ça ! Le métérore tombe sur sa ville natale ! Et attendez, c'est pas tout ! Il tombe exactement à l'instant parfait pour mettre fin à la conversation de notre héros et de ses parents !
Wahou ! Quelle folle coincidence. Le météore arachnide atteint la terre exactement à l'instant où le personnage central du documentaire de propagande demande à ses parents s'il peut revenir à la maison. Et en plus, écoutez ça ! Le métérore tombe sur sa ville natale ! Et attendez, c'est pas tout ! Il tombe exactement à l'instant parfait pour mettre fin à la conversation de notre héros et de ses parents !

Wahou ! Quelle folle coincidence. Le météore arachnide atteint la terre exactement à l'instant où le personnage central du documentaire de propagande demande à ses parents s'il peut revenir à la maison. Et en plus, écoutez ça ! Le métérore tombe sur sa ville natale ! Et attendez, c'est pas tout ! Il tombe exactement à l'instant parfait pour mettre fin à la conversation de notre héros et de ses parents !

Six mois avant la première guerre du Golfe, le peuple américain était totalement contre, jusqu’à ce que Sadam Hussein se mette à manger des bébés à son petit déjeuner. Oui, c’est de l’humour noir, mais simplement les médias ont raconté tout un tas de mensonges, inventés des massacres et des tortures ce qui a fait son effet sur les citoyens et on a pu partir en Irak pour le bien des Irakiens.

Travail intéressant sur le sujet => https://journals.openedition.org/chrhc/1708

Petit extrait : lors de l’invasion du Koweït, une infirmière échappée de l’enfer de Koweït-City dans la nuit du 2 août 1990 faisait le récit de la barbarie irakienne, décrivant des soldats débranchant les couveuses artificielles dans la maternité d’un hôpital et jetant violemment les nouveau-nés sur le carrelage. Une information qui allait frapper les esprits pour jouer un rôle important sur l’évolution du sentiment de l’opinion publique française (et internationale) à l’égard de l’engagement de nos troupes. Dans Le Nouvel Observateur du 27 juillet-2 août 1995, l’infirmière devait livrer après les événements et la victoire des forces alliées sur Saddam Hussein « qu’elle ne s’était pas évadée de Koweït-City, qu’elle n’était pas infirmière, qu’elle vivait à l’époque en Amérique du Nord avec son père, ambassadeur du Koweït ». 

Et le zapping de l'époque qui dit tout: https://www.youtube.com/watch?v=WtS_Vn5mkwI

Dans Starship Troopers, c’est l’histoire de la colonie de Mormons qui est allée s’installer près de Klendathu et s’est faite massacrer.

On censure la vache mais pas les humains mis en pièces parce qu'on veut influencer au maximum. A noter, l'indice directement à l'écran du fait que ce sont les arachnides qui ont massacré les colons. Ils ont laissé leur carte de visite, ils auraient également pu oublier une carte d'identité.
On censure la vache mais pas les humains mis en pièces parce qu'on veut influencer au maximum. A noter, l'indice directement à l'écran du fait que ce sont les arachnides qui ont massacré les colons. Ils ont laissé leur carte de visite, ils auraient également pu oublier une carte d'identité.
On censure la vache mais pas les humains mis en pièces parce qu'on veut influencer au maximum. A noter, l'indice directement à l'écran du fait que ce sont les arachnides qui ont massacré les colons. Ils ont laissé leur carte de visite, ils auraient également pu oublier une carte d'identité.

On censure la vache mais pas les humains mis en pièces parce qu'on veut influencer au maximum. A noter, l'indice directement à l'écran du fait que ce sont les arachnides qui ont massacré les colons. Ils ont laissé leur carte de visite, ils auraient également pu oublier une carte d'identité.

Et évidemment comme on dirait en anglais, last but not least, le 11 Septembre de la fédération cinq années avant le 11 Septembre, j’ai nommé le météore high-jacké par les terroristes arachnides qui va à deux à l’heure mais traverse l’univers aussi vite qu’un vaisseau qui voyage à la vitesse de la lumière, et touche la terre précisément sur la ville de Buenos Aires. Un peu comme des terroristes qui guideraient des avions dans des gratte-ciels dans une zone surprotégée militairement. Impossible pour une cinquantaine de raisons différentes.

 

 

Donc voilà, Starship Troopers retrace l’histoire des manipulations historiques du complexe militaro-industriel et nous annonçait même en prime la prochaine. On parle souvent à propos de ce film, du génie visionnaire de Verhoeven et Neumeier mais c’est une manière de se protéger de la vérité : il n’y a aucun génie dans cette prédiction, beaucoup de gens savaient et tentaient désespérément de prévenir le public du danger.

On peut voir le premier épisode de la série The Lone Gunmen qui contient ce passage hallucinant par exemple et cela un an avant les attentats :

https://www.youtube.com/watch?v=OwqdfQMW9jc

 

 

 

 

 

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