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She Shoots Straight: Sous-texte sexuel partie 2. (3300 mots)

Publié le par Kevin

She Shoots Straight: Sous-texte sexuel partie 2. (3300 mots)

Dans la boîte de nuit, les gens dansent métaphore commune de l’acte sexuel. Il est ici question pour les sœurs de Tsung-Pao de se confronter au monde de la séduction et d’éventuellement se trouver un partenaire sexuel.

Personnellement, j’ai toujours trouvé que les boîtes de nuit étaient le pire endroit pour rencontrer quelqu’un ou écouter de la musique, mais nous sommes ici devant un lieu métaphorique. Le cochon que les sœurs Huang rencontre n’est pas anecdotique, le personnage est construit autour de la perception aliénée que les sœurs ont des hommes. Elles ne sont pas habituées à constater qu’elles les attirent et ne comprennent pas cet effet qu’elles ont sur le sexe opposé et qu’elles ressentent donc comme anormal, excessif, cru et avilissant. Tout homme qui n’est pas Tsung-Pao, qui n’est pas bienveillant et asexué comme un frère, est un grotesque obsédé qui se moque entièrement de leur personnalité.

Les interactions entre les sœurs Huang et les hommes sont catastrophiques et glissent jusqu’au rejet complet. Elles sortent leurs armes. Le rejet n’est pas sexuel, il n’est pas question de ne pas être intéressées mais de juger moralement l’homme qui fait des avances, de le traiter comme un agresseur, comme un criminel.

"Ce porc me trouve excitante, il doit mourir !"

"Ce porc me trouve excitante, il doit mourir !"

L’idéal, au niveau du sous-texte, aurait été que les Huang trouvent un mec génial, un prince, dans le bar à putes. Oui, c’est impossible. Mais la tournure que prend la situation est un échec à ce niveau également.

Lorsque Chia-Ling suggère qu’elle est prête à suivre son client dans une chambre, la tournure sexuelle fait un pas en avant. C’est alors qu’apparaît le vilain Yuen Hua, il rejoint la salle de danse par un escalator.

She Shoots Straight: Sous-texte sexuel partie 2. (3300 mots)

Le client vient de prendre de la drogue pour garder une érection plus longtemps ou en obtenir une plus rapidement si je comprends bien.

Dans Police Story, la drogue c’est le liquide masculin reproducteur. Dans Lucy de Besson également il me semble.

Donc, Spermatozoïde man dans un escalator, c’est l’excitation sexuelle masculine qui grimpe de manière automatique. Le décors rose renvoie bien aux parois vaginales. Érection, pénétration, envoie des spermatozoïdes dans l’ascenseur qui monte jusqu’à l’ovule.

Vagina Palace

Vagina Palace

Et qui croise-t-on ? La sœur de Yuen Hua, qui joue réellement le rôle de l’ovule universel, sœur du spermatozoïde universel. Leur lien filial métaphorique n’est pas celui de Huang et Tsung-Pao.

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Lorsque les spermatozoïdes entrent dans la boîte de nuit, on leur demande leur nom, ils répondent « on s’appelle tous Chan. » Ce qui est assez drôle. Lorsque la sœur homo leur demande leur pays d’origine, elle se voit répondre : « Tu veux pas que je te parle de mon bagage génétique aussi ? »

Je trouve ça assez drôle pour un spermatozoïde.

"Je suis un spermatozoïde, ça n'a rien à voir avec l'ADN !"

"Je suis un spermatozoïde, ça n'a rien à voir avec l'ADN !"

Je reviens au problème de l’absence de prince dans le bar. La différence qu’il y a entre l’acte sexuel offert par les prostituées et celui offert par une princesse, ce sont les enfants. On ne conçoit pas dans ce bar. Or, c’est Mina qui a été décrite comme ça, pas les sœurs Huang qui au contraire, ne veulent probablement qu’un seul homme dans leur vie et perçoivent le sexe comme profondément lié à la reproduction.

Je le disais plus haut, le film est construit une métaphore de l’impact du mariage de Mina et Tsung-Pao sur les sœurs Huang. Cette mission, organisée par Tsung et Mina qui se tiennent au courant de son évolution, représente la manière dont la sexualité sans désir d’enfant perturbe les sœurs qui n’ont que leur frère pour modèle masculin. Doivent-elles, elles aussi accepter de coucher uniquement pour le sexe ?

Chia-Ling fait s’effondrer l’acte/l’opération parce qu’elle refuse de coucher avec un homme uniquement pour la satisfaction sexuelle. Elle est donc dans l’autre camp, et la sœur de Yuan Hua comprend qu’il y a un problème.

Les criminels coupent la lumière au son de la phrase : « C’est encore meilleur dans le noir. »

She Shoots Straight: Sous-texte sexuel partie 2. (3300 mots)

Le braquage est comparé à l’acte sexuel.

S’agirait-il ici d’un viol ?

Yuan Hua a compris que la police/la morale allait intervenir et empêcher la fécondation.

Chia-Ling s’est rétractée, elle ne veut plus.

Mais Yuan Hua décide d’agir malgré cela et sa sœur/ovule coupe la lumière pour favoriser le crime.

La sœur étant motivée par la fécondation, il voudra favoriser toute fécondation.

On voit ici un lien avec Tsung-Pao qui, au passage, est un peu une belle ordure s’il a fait tomber Mina enceinte. Si tu veux un enfant rapidement, il me semble que c’est un critère de sélection. On ne se marie pas avec une femme qui veut un enfant dans six ans, si on en veut un dans six mois.

Beaucoup de choses arrivent pendant la fusillade.

Un client allume son briquet et s’exclame « On va voir des nichons ! » Il devrait s’attendre à voir des gens en plein acte sexuel, sa perception souligne son immaturité. Il a un esprit adolescent et, en vérité, innocent.

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Ce qu’il découvre c’est Yuen, Chia-Ling et Mina dans leur conflit. Yuen qui a capturé Chia-Ling, qui ne peut pas lui « résister » puisqu’il représente le pouvoir de fécondation masculin, et Mina qui le tient en joue alors qu’elle ne peut rien contre lui. Il lui dit d’ailleurs lorsqu’elle lui braque son arme dans le dos : « Tout va bien pour moi, aucun besoin de me le garantir. »

Durant la fusillade, il y a un va-et-vient meurtrier entre les braqueurs et la police.

Le viol amène l’intervention du Surmoi, de la loi.

Mais c’est la pulsion sexuelle, la pulsion naturelle de reproduction, qui l’emporte. Elle est irrépressible et automatique, elle voit dans le noir. La police se fait massacrer.

je trouve que la violence du film est parfaitement gérée. Elle montre quand il faut montrer, elle dissimule quand il faut suggérer.

je trouve que la violence du film est parfaitement gérée. Elle montre quand il faut montrer, elle dissimule quand il faut suggérer.

Cependant, le reproducteur civilisé, du côté des criminels, meurt lui aussi dans l’opération. Il était apparut pour empêcher l’inceste, il meurt quant un viol est commis.

La sœur de Yuen/madame ovule, abat un policier de sang froid. Une fois encore, le film nous montre bien qu’elle n’a pas de considération morale. Si le viol amène la procréation, alors c’est acceptable.

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L’homme spermatozoïde a accompli son méfait, il a fécondé. Chia-Ling est touchée à l’épaule, elle n’est plus invincible face à lui car elle ne le condamne pas tant qu’elle condamne Mina. Elle ne sait pas dans quel camp elle se trouve.

Cependant, Yuen Hua part en s’enfuyant comme un voleur, poursuivi par la loi morale, puisqu’il a imposé l’acte à son partenaire féminin.

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Dans Police Story, il y a également un jeu métaphorique avec l’argent obtenu lors d’un échange criminel qui retombe entre les mains de Jackie.

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Chia Ling est congédiée, Mina signe l’ordre officiel.

Je pense que la position de Chia-Ling est que l’acte sexuel sans désir de procréation est tellement dégradant pour la femme qu’il la rabaisse autant qu’un viol. Si elle accepte de s’offrir uniquement pour le sexe, alors au final, elle accepte de s’offrir à n’importe qui, n’importe quand. Elle ne mérite que d’être violée parce qu’elle ne peut pas l’être. Je pense qu’elle traverse une phase de désorientation de ce type car sa morale sexuelle est construite sur la base de la procréation. D’ailleurs, elle est surprise lorsque le client lui apprend qu’elle est plus jolie que sa sœur et fait probablement l’expérience d’une excitation sexuelle qui la sidère, surtout face à un homme qui la dégoûte, puisqu’il parle sexe sans enfant.

Chia-Ling se découvre heureuse de se sentir attirante.

Chia-Ling se découvre heureuse de se sentir attirante.

Le bras de fer entre Mina et Chia-Ling soulève l’éternelle question de rivalité entre femmes. Celle qui s’offre la première est celle qui se sent en position d’infériorité. Mina serait en fait en compétition perpétuelle avec des femmes plus légitimes qu’elles. Ce qui est probablement le cas.

Le personnage de Sammo Hung la voit pleurer et lui tend un mouchoir dans lequel il vient de se moucher. Il ne croit pas en sa petite crise de larme et je pense hélas que Mina Kao est loin d’être honnête dans ses désirs et ses comportements.

Le film arrive à un nœud gordien. La tension est montée à son comble. Tsung-Pao qui est doux et non-violent a frappé Chia-Ling. Il est lui-même choqué par son geste. D’un autre côté, on sait qu’il a trahi Mina en tentant de la faire tomber enceinte contre son gré.

La gifle m'a sidéré. Je trouve que le film contient beaucoup de passages émotionnels réussis.

La gifle m'a sidéré. Je trouve que le film contient beaucoup de passages émotionnels réussis.

Mina Kao qui n’a pas donné le moindre signe d’une quelconque fragilité émotionnelle, se met à pleurer lorsque Chia Ling la traite de « bâtarde ». Son comportement vis-à-vis de la sœur de Tsung-Pao est cependant suspect et on pourrait aisément penser qu’elle manipule le commissaire afin de pousser Chia-Ling dans ses retranchement et lui faire commettre des erreurs, ce qu’elle fait.

Chia-Ling, qui se construit entièrement en fonction du regard de son frère, vient de recevoir une gifle de celui-ci, en plus d’avoir donc perdu l’approbation paternelle et son sentiment de féminité puisqu’elle a été virée. Il n’y a plus de compatibilité possible.

Rien ne se résoudra plus, quelqu’un doit être éliminé de l’équation. Une narrative doit l’emporter sur l’autre.

Yuen Hua tente de donner un rendez-vous à Mina Kao. Bien sûr, au niveau littéral nous sommes toujours dans une affaire criminelle… et ce rebondissement est d’ailleurs un peu grossier. Le tueur qui invite la gradée chargée de l’enquête pour lui tendre un piège en espérant qu’elle n’en parle pas à ses collègues… alors que les téléphones du commissariat sont tous sur écoute. Ah ah ah.

C’est Chia Ling qui prend l’appel et se rend au rendez-vous, suivie de près par Tsung-Pao et Mina.

Le piège est tendu dans la forêt, lieu de tous les possibles.

Chia Ling a écrit une lettre d’excuse à Tsung-Pao et Mina. Pour moi cela signifie qu’elle abandonne, mais si elle abandonne alors elle s’apprête à s’offrir à une homme, n’importe lequel. Elle est désorientée et veut comprendre. Ce qu’elle ne comprend pas, c’est qu’un tel comportement la « détruirait » psychologiquement parce qu’il est entièrement incompatible avec sa personnalité, contrairement à celle de Mina.

La forêt est directement associée à la guerre du Vietnam, une guerre fratricide, filiale, entre le Vietnam nord et sud, utilisée pour dépeindre un conflit à l’intérieur d’une famille.

Chia-Ling prétend être venue pour l’enquête mais elle ne sort son arme qu’à l’arrivée de Mina et Tsung-Pao.

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L’homme qui l’attendait est un homme de paille explosif qui représente bien ce qu’attend une femme qui veut faire une expérience sexuelle juste pour l’expérience sexuelle. « Ça lui pète à la figure. » Elle va se trouver le genre de mec le plus vil et le plus dégradant et n’en sortira pas indemne. Mina en est consciente et la sauve.

La lance surgit de l'homme de paille en flamme. La masculinité s'enflamme sous l'acharnement des deux femmes, et le pauvre gars moyen gentil qui tentait de satisfaire tout le monde est sacrifié.

La lance surgit de l'homme de paille en flamme. La masculinité s'enflamme sous l'acharnement des deux femmes, et le pauvre gars moyen gentil qui tentait de satisfaire tout le monde est sacrifié.

Je ne vais pas tenter d’interpréter la scène en détail car il s’y passe bien trop de choses et elle nous mène à la conclusion la plus commune : C’est l’homme qui va être sacrifié pour que la situation retrouve un équilibre.

Je ne dis pas ça avec complaisance. Tsung-Pao meurt empalé. Ce sont ses initiatives masculines qui sont retournées contre lui, qui lui coûtent la vie.

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Il a trahi Mina en lui faisant un enfant sous l’influence de ses sœurs et de sa mère.

Il a trahi Chia-Ling en se tournant vers une femme trop différente pour sa relation amoureuse.

Il n’est pas un homme, un vrai, si Mina ne tombe pas enceinte.

Il n’est pas un homme, un vrai, si son épouse obtient une meilleure carrière que lui.

Il n’est jamais un homme, il n’est jamais à la hauteur pour toutes ces femmes qui, comme beaucoup de femmes, s’imaginent qu’il est autonome, invincible, aussi intouchable qu’un Dieu ; jusqu’au jour où elles le poussent dans ses derniers retranchement, qu’elles le mènent à sa destruction et comprennent, trop tard, qu’il avait autant de problèmes qu’elles, voire plus.

Après le meurtre ignoble de Tsung-Pao, Chia Ling et Mina se montrent incapables d’annoncer l’horreur à leur famille et à la mère, dont c’est l’anniversaire. Elles sont traumatisées et coupables.

J'aime beaucoup la manière dont le film prend son temps pour faire parvenir la nouvelle de la mort de Tsung Pao à la famille. Les ficelles sont lourdes et exagérées, on est dans le mélodramatique, mais j'aime ça justement. Les films américains ne prennent jamais le temps de mettre en scène la douleur des personnages.

J'aime beaucoup la manière dont le film prend son temps pour faire parvenir la nouvelle de la mort de Tsung Pao à la famille. Les ficelles sont lourdes et exagérées, on est dans le mélodramatique, mais j'aime ça justement. Les films américains ne prennent jamais le temps de mettre en scène la douleur des personnages.

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La mort de Tsung-Pao bouleverse la famille qui va donc remettre ses positions en question.

A l’enterrement, Yuen Hua tente à nouveau d’assassiner Mina Kao qui se retrouve à l’hôpital entre la vie et la mort. L’anesthésiant peut être dangereux pour le bébé, les femmes Huang l’accepte, Mina est la priorité. Mina le rejette, elle peut supporter la douleur, le bébé est la priorité.

Soudainement, les positions se sont inversées. Les femmes acceptent les décisions de Tsung-Pao qu’elles rejetaient auparavant. Mina accepte le bébé, les Huang acceptent la belle sœur.

Cependant, je pense qu’il y a un peu de superficialité et de complaisance dans ce développement. La situation a changé et leur nouveau positionnement n’a pas la même valeur que s’il avait été épousé avant la mort de Tsung-Pao. Les Huang, qui ont toutes gravement souffert de l’absence du père, se dise qu’un bébé qui vient au monde sans père n’aura pas une belle vie. Pendant que Mina se dit probablement que l’enfant représente un renouveau de Tsung-Pao mais surtout qu’elle ne veut pas d’une nouvelle victime, qu’elle a déjà privé la famille Huang d’un de ses membres et qu’elle peut bien endurer un peu de douleur pour en sauver un.

Je ne cherche pas à tout prix à salir l’évolution de ces femmes, je sais juste que la suite du film n’a rien de positif et que, par conséquent, les éléments qui semblent positifs ne peuvent être que fragiles et superficiels.

A l’hôpital, Chia-Ling a les cheveux attachés pour la première fois : son ouverture sexuelle a pris un coup dans le nez.

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Le commissaire tente d’embrasser Mina, maintenant libre puisque veuve. Il est assez envisageable que l’histoire contienne une conspiration. Mina étant carriériste, elle aurait couché avec le commissaire, d’où l’attitude très directe de celui-ci lorsqu’elle vient dans son bureau. Il est jaloux et humilié qu’elle se soit tournée vers Tsung-Pao, alors qu’elle semble l’avoir considéré lui en priorité.

Sa première initiative après le meurtre est de donner un mois d’arrêt à toute la famille Huang. Il ne veut pas qu’elles attrapent l’assassin de leur frère/fils/époux. C’est un peu suspect quand même. Mais passons, cette dimension de l’histoire n’est pas le sujet.

"Puisqu'elle est veuve, je peux la demander en mariage n'est-ce pas ?" Sammo Hung prépare déjà son mouchoir de combat.

"Puisqu'elle est veuve, je peux la demander en mariage n'est-ce pas ?" Sammo Hung prépare déjà son mouchoir de combat.

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Grâce à un gentil ami de Sammo Hung, tout le monde apprend les projets de Yuen Hua de s’enfuir pour panama en bateau.

La sœur de Yuen lui conseillé de s’enfuir car la police à un mandat d’arrêt contre lui.

Le crime commis au niveau du sous-texte, c’est évidemment le meurtre de Tsung-Pao. L’homme spermatozoïde ne peut pas tuer son porteur. La mort de Tsung-Pao était un dommage collatéral, la cible était Mina la femme qui accepte le sexe sans la fécondation.

Yuen Hua doit donc se retirer de l’équation « pour le moment. » Il est invincible mais il a prouvé qu’il n’était plus à la hauteur de sa tâche.

Chia Ling et Mina attaquent le bateau dans lequel se cache leur cible. Elles sont ici dans une situation presque homosexuelle. A mesure que le film avance, Mina ressemble de plus en plus à un jeune homme. Elle est venue avec le revolver de son père et de l’inspecteur Harry, objet très masculin. Elle s’approprie la masculinité, elle combat les hommes en se mettant en compétition avec eux. D’ailleurs les ennemis se battent tous avec des objects phalliques énormes hilarants dans ce combat final. Clefs et clefs anglaises gigantesques, masses, pieds de biches etc...

Un objet phallique s'est caché sur cette capture sauras-tu le retrouver ?

Un objet phallique s'est caché sur cette capture sauras-tu le retrouver ?

Chia Ling a retrouvé sa libido dans cette intervention. Elle agît pour son frère et pour la justice. Elle s’est armée de deux machettes. Elle n’est pas venue pour revendiquer une masculinité, elle est venue pour émasculer littéralement.

Chia et Mina sont devenues deux destructrices de la masculinité, symbolique et biologique. Elles vont très vite découvrir leurs limites.

Chia Ling s’attaque aux « sacs » des hommes et est immédiatement blessée d’une balle à l’épaule.

"Testicules au dîner !"
"Testicules au dîner !"
"Testicules au dîner !"

"Testicules au dîner !"

Après un combat titanesque, elle est acculée, encerclée et sur le point d’être vaincue. Mina décidera de venir à son secours plutôt que de s’acharner sur le méchant de l’histoire, qu’elle congédie d’un coup de pied entre les jambes.

Méchant qu’elle tente d’abattre d’une balle dans la tête, stoppée par une vitre, « un mur invisible. » Le sens de ce passage est que, comme il l’avait dit, Mina ne peut rien contre Yuen Hua. Il est invincible et même lorsqu’elle a une opportunité parfaite de le tuer, elle échoue. Mina tire même deux fois dans cette vitre, Yuen ne cherchant pas à se mettre à l’abri.

She Shoots Straight: Sous-texte sexuel partie 2. (3300 mots)
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Sammo Hung intervient et rétablit l’ordre, il incarne l’homme véritable, équilibré et sain. Il empêche lui aussi Mina de tuer Yuen Hua.

Le problème, c’est que le commissaire stupide va intervenir et détruire la résolution en faisant arrêter l’officier Hung (Sammo Hung). Il redonne ainsi une raison à Yuen, le spermatozoïde, de se rebeller. Il échappe à ses gardes aisément et prend Chia Ling en otage. Il menace de la tuer... à l’aide d’une chaîne !?!

On voit ici, comment le métaphorique peut parfois prendre le pas sur la logique littérale du film. La chaîne symbolise bien que les hommes et les femmes sont liés qu’ils le veuillent ou non et ce lien peut de venir une arme utilisée contre l’autre. Chia Ling aime les hommes et veut des enfants, elle ne peut pas les rejeter comme elle désire le faire et son lien naturel se retourne contre elle… tout comme les objets phalliques contre Mina.

Mais au niveau littéral, un homme qui a déjà pris deux balles dans le corps, qui menace d’étrangler une femme qui sait se battre et alors qu’il est encerclé par une dizaine de policier qui se trouvent à moins de trois mètres de lui, c’est un peu optimiste.

"N'approchez pas ou je la tue de la force de mon esprit !"

"N'approchez pas ou je la tue de la force de mon esprit !"

La scène continue dans le délire qui flirte avec le nanard quand la sœur de Yuen apparaît subitement à moto, qu’elle enroule une chaîne autour du coup du commissaire, qu’aucun flic ne pense à tirer ou à la désarçonner. L’un d’entre eux prend la magnifique initiative de crier : «  Ne vous approchez pas d’eux ! » Hein ? Pourquoi ? Parce qu’il ne faudrait surtout pas les empêcher de s’enfuir ?

La matriarche Huang est blessée dans l’opération et Chia Ling entend sa propre mère accepter que Yuen la tue puisqu’il a déjà tué son fils donc ça n’a pas d’importance.

Ce sont des éléments conclusifs importants et catastrophiques. D’où le fait que j’écrivais plus haut que le film finit mal. La sœur la plus accomplie de la famille Huang est humiliée jusqu’au plus profond de son être, et par extension ses trois sœurs, savent elles aussi qu’elles ne valent rien. Nous toujours ici dans le champs des conséquences du mariage de Mina avec Tsung-Pao. Tout s’est passé pour le pire.

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La matriarche Huang est blessée car en faisant cette déclaration d’indifférence quant à la vie d’une de ses filles, elle détruit son image d’amour absolu, entièrement dévoué à ses enfants. Elle avait une préférence. D’où la blessure qui s’ensuit, infligée par madame ovule qui lui rappelle que ses enfants sont tous ses enfants à égalité.

Mina appelle maintenant la matriarche Huang « mother » -je pense que son but était de trouver une famille, pas un mari- et c’est parce que la sœur de Yuen a blessé cette mère que Mina part à la poursuite des méchants à moto dans un écho à la première scène d’action du film, lorsque la princesse a été enlevée.

Elle laisse derrière elle une famille entièrement détruite. Il ne reste rien des Huang.

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De la même manière que Yuen Hua a créé sa propre impuissance en tuant Tsung-Pao.

Sa sœur, va se rendre incapable d’agir en tuant le bébé que porte Mina.

Coup de pied de dingue.

Coup de pied de dingue.

Le bébé est mort.

Le bébé est mort.

Mine lui botte ensuite les fesses en s'attaquant à sa féminité.

She Shoots Straight: Sous-texte sexuel partie 2. (3300 mots)
She Shoots Straight: Sous-texte sexuel partie 2. (3300 mots)
Le ventre et le visage (utérus et identité féminine) y passent également.
Le ventre et le visage (utérus et identité féminine) y passent également.

Le ventre et le visage (utérus et identité féminine) y passent également.

Les deux désirs de donner la vie sont amenés à agir contre leur but primordial et tombent dans l’inaction.

Yuen Hua termine sa course dans une carrière => sexe féminin stérile. Un creux circulaire asséché.

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La sœur est ligotée et en route pour la prison => elle ne peut plus utiliser son corps. Son utérus.

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Mina s’éloigne vers un désert. Elle a détruit les pulsions reproductrices.

Bon, je ne pense pas que Yuen Hua soit mort ou que la sœur ne pourra pas s’enfuir. Mais en attendant, le film nous offre un aperçu de ce monde dans lequel la sexualité est désolidarisée de la reproduction : Une étendue poussiéreuse, désertique, stérile.

L'argument étant que la "fille facile" ne peut pas côtoyer la "fille sérieuse" sans la détruire. La place culturelle du sexe serait condamnée à être soit très grave soit très superficielle. L'idée d'un entre-deux, une illusion. Un point de vue assez radical et conservateur mais bon, on est en Chine en 1990, et aux vues de ce qu’est notre culture occidentale en 2023, je crois qu’on n'a de leçon à donner à personne.